Une aveugle qui voyage seule, c’est impossible non ? Détrompez-vous ! Voici le témoignage incroyable de Sabriye Tenberken, une jeune allemande non-voyante, qui parcourt en 1994 le Tibet pour venir en aide aux enfants aveugles et malvoyants. Son rêve ? Construire une école spécialisée pour ces derniers.
En effet, selon les bouddhistes, l’handicap est une punition divine pour les péchés commis dans une vie antérieure. De ce fait, les personnes atteintes de cécité se retrouvent rejetées par la société, condamnées à la pauvreté ou la mendicité.
A l’aide de sa canne blanche et de sa détermination, Sabriye qui étudie la tibétologie à l’université de Bonn (Allemagne), souhaite changer leur situation. Tout d’abord en leur apprenant à lire et à écrire le braille, puis en leur montrant les techniques de repérage dans l’espace. Son objectif principal est de pouvoir les rendre autonomes et indépendants.
A Lhasa, la capitale du Tibet, un directeur d’orphelinat est sensible à son combat : il lui met à sa disposition un bâtiment pour que la jeune femme y installe son école. Non sans embûches, son projet voit enfin le jour et le premier institut pour aveugles du pays ouvre ses portes en 1998 !

Mon avis

C’est une belle aventure humaine, dans laquelle Sabriye Tenberken met à mal toutes les idées reçues sur les aveugles. Elle n’écoute pas les nombreuses personnes – professeurs, amis et même son propre copain – qui lui disent que sont entreprise est vouée à l’échec.
Explorer le monde avec pour seul guide sa canne blanche ne lui fait pas peur et ce n’est pas parce que la vue lui fait défaut qu’elle va s’empêcher de vivre comme tout le monde. La jeune femme se rend seule au Tibet, fait du cheval, n’hésite pas à se promener en solitaire dans la ville et doit parfois franchir des obstacles dangereux quand les routes du pays sont inondées par des pluies diluviennes. Bref, c’est un peu Wonder Woman !

L’auteur décrit très bien comment les voyants pensent savoir mieux que les aveugles ce qu’il leur faut. Elle écrit d’ailleurs qu’elle « n’a pas besoin de gens incapables de se débarrasser de modèles de pensée préétablis et d’examiner sans préjugés une idée sortant de l’ordinaire ».
Je rajouterai qu’il est déplorable de voir que cette étroitesse d’esprit est souvent présente chez de nombreux universitaires ou professionnels. Comme si, le fait d’avoir un bac+ quelque chose leur donnait la légitimité de réfléchir à ta place. Désolée je m’emporte mais cette lecture a été émotionnellement éprouvante : nombre de difficultés que rencontrent Sabriye font écho à mon propre vécu.

Ce que j’admire chez cette femme c’est sa manière de voir les choses. Elle aborde les évènements qui lui arrivent avec humour et positivité. Alors que d’autres y verraient des situations tristes, ils lui apparaissent au contraire bénéfiques. Son imagination est un fleuve intarissable, teintant le monde de mille couleurs et le rendant sous doute bien plus beau que ce que nous le voyons.

L’auteur nous montre ainsi qu’avec de la chance, du courage, de la persévérance et des ami(e)s de confiance tout peut se réaliser !

Written by Camille

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